Tout savoir sur le monde (presque) merveilleux du recyclage

 

Le monde des déchets est un monde caché, qu’on ne cherche pas habituellement à connaître. Un monde magique où tout disparaît sans laisser de traces, après que d’héroïques éboueurs aient emporté notre poubelle loin, très loin, vers son destin… Destin généralement peu reluisant, mais qui peut devenir merveilleux si les déchets passent par la case « Recyclage ».

Bien sûr, on sait tous qu’au niveau mondial les déchets laissent en fait moultes traces, et polluent tous les écosystèmes jusqu’aux plus reculés. Mais on a l’impression qu’en France, le système est bien huilé : recyclage, incinération, décharge, tout ça fonctionne plutôt bien. Il n’y a que les riverains des installations pour s’en plaindre, mais oh, faut bien les mettre quelque part.

Alors, qu’en est-il vraiment ? Premier volet de cette enquête : le Recyclage !

 

Les Français et le recyclage : a-t-on de bonnes raisons de ne pas bien trier ?

Si vous demandez à un Français s’il fait quelque chose pour la planète, le plus probable est qu’il vous réponde : « Je fais le tri sélectif ». C’est le premier geste écologique des Français, encouragé par de nombreuses campagnes. Et pourtant, on est moins de la moitié à le faire systématiquement, ce qui montre d’emblée qu’il y a quelque chose qui cloche. Si Topito a sa petite idée là-dessus, voici les résultats de l’enquête de Super Boby…

 

Raison n°1 : Que je trie ou non ça va pas changer la face du monde…  ⇒ SI !

On produit chacun en moyenne 1,20 kg de déchets par jour. En multipliant ça par la population française et les 365 jours de l’année, on obtient une montagne (littéralement) de poubelles. Rien que pour ne pas étouffer sous nos déchets, on ne peut pas se permettre de ne pas trier.

Car trier c’est réutiliser, redonner vie à une matière qui a encore de la valeur, et ralentir la consommation de matériaux « neufs » créés à partir de matières brutes non-renouvelables. Ça serait dommage de s’en priver.

Et puis créer de la matière via le recyclage est un processus beaucoup plus écologique que la production d’origine, qui consomme énormément d’eau et d’énergie en comparaison.

Pour se motiver, on peut imaginer 175 kg d’ordures déversées dans son jardin ou sa rue chaque année. C’est le poids moyen des déchets recyclables d’une seule personne sur un an (papier, carton, verre, métaux, et la moitié des plastiques). Ces 175 kg peuvent soit connaître une seconde vie, soit polluer notre environnement en étant enfouis ou brûlés…

 

Raison n°2 : Je ne comprends rien aux consignes de tri  ⇒ ÇA ARRIVE

En effet, elles sont parfois incompréhensibles, comme pour ce détecteur de fumée domestique. Franchement, ça vaut le coup de s’arrêter un peu pour regarder la consigne de tri sur l’emballage (à droite)…

consignes de tri

 

Section 1 : dessin incompréhensible (en vrai aussi). Globalement on comprend que quelque chose se recycle mais c’est pas clair.

Section 2 : logo « Point Vert » qui SYMBOLISE le recyclage mais NE SIGNIFIE PAS recyclage. Il indique que l’entreprise a payé sa contribution pour la gestion collective des déchets d’emballages. Pourtant, il est bien écrit « Emballage recyclable » : non seulement ils nous embrouillent, mais c’est faux ! L’emballage plastique ne se recycle pas partout.

Section 3 : une poubelle barrée, mais un « produit recyclable ». Est-ce que ça veut dire que je peux le jeter dans le bac de tri, ou pas de poubelle du tout ??

 

3 LOGOS, 7 MOTS, aucune réponse claire sinon une fausse information !

 

Le fin mot de l’histoire ? En enquêtant sur l’étiquette (essayez de le dire vite 3 fois de suite pour voir !), on arrive à la conclusion que l’appareil va en déchetterie (ou peut être ramené en magasin). MAIS parfois (voir consigne sur sa poubelle), les petits appareils électriques peuvent aller dans le bac de tri. L’emballage plastique peut se recycler, mais uniquement dans certaines communes…

Tout ça est compliqué car il n’y a pas d’harmonisation nationale de la gestion des déchets : elle relève des collectivités !

 

L’extension des consignes de tri kézako ?

Ça veut dire que tous les emballages plastiques vont dans le bac de tri : barquette en polyester, film alimentaire… C’est un peu la révolution du moment ! Mais ça ne concerne pas encore tout le monde : la généralisation du système est prévue pour 2022.

Attention, les objets en plastiques ne se recyclent pas (comme les jouets), ni la vaisselle en plastique. Piège : les nouvelles bouteilles en PET opaque (de lait surtout) ne se recyclent pas non plus. La faute aux industriels, qui cherchent à produire des emballages toujours moins chers et plus légers : pour tout savoir rendez-vous sur ce dossier.

 

Pour connaître la situation chez soi, voir le site CONSIGNESDETRI.FR (pour savoir si sa commune a étendu le tri à tous les plastiques, tester « pots de yaourt en plastique ») ou télécharger l’application « Guide du tri ». Voire même, appeler directement sa mairie !

consignes de tri

Malgré tout, dans l’ensemble, faire le tri au quotidien n’est pas difficile (de là à dire « simple comme bonjour » comme sur l’image ci-dessus, il y a un pas que je ne franchirai pas). Si on a un doute, on jette dans la poubelle normale, et dès que ça a l’air un peu crade ou dangereux (piles, huiles, médicaments…) on se renseigne sur internet ou auprès de sa déchetterie. Le site OùRecycler.fr est idéal pour localiser les lieux de collecte autour de soi et savoir quoi faire de ses indésirables :

recyclage Où recycler

Enfin, pour comprendre quelque chose aux logos, il existe de nombreux sites, comme celui-ci.

 

Raison n°3 : Il n’y a pas de bacs de tri chez moi  ⇒ ÇA ARRIVE AUSSI

Si le conteneur à bouteilles se trouve à 20 minutes de chez soi, c’est une raison compréhensible pour ne pas trier. Malheureusement c’est encore courant en ville où on manque de place. L’emplacement et la propreté des locaux à poubelle peuvent être des éléments décisifs aussi. Pour tout ça, il faut militer auprès des syndics de copropriété ou des instances politiques locales !

 

Raison n°4 : Les éboueurs mélangent les poubelles, le tri sélectif en fait c’est un mythe !  ⇒ NON

Mmmh… Non. Pas du tout. Ils refusent simplement de prendre les bacs mal triés, car sinon le travail en centre de tri deviendrait ingérable.

C’est fréquent, et nombreux sont ceux qui ont constaté le phénomène. Il s’agit d’une conséquence logique de la raison n°1 : on ne trie pas bien parce que l’information est trop opaque et éclatée, et aussi parfois parce qu’on s’en fout (il faut bien le dire).

 

Raison n°5 : Les ordures sont triées au centre de tri, pas besoin de leur prémâcher le travail  ⇒ NON PLUS

Mmmh… non plus. Comme dit précédemment, seuls les bacs bien triés vont au centre de tri. Tout le reste, même recyclable, part en fumée ou en déchetterie. On perd tout.

Par contre, les erreurs de tri existent toujours dans les bacs qui arrivent au centre. Certaines sont carrément scandaleuses, et c’est les petites mains des tapis de tri qui retirent seringues, animaux morts, tampons usagés et bris de verre (oui, on part de loin)… Tout ce qui est enlevé du tapis s’appelle le « refus de tri » et représente 17 à 32 % du total selon les centres de tri ; c’est énorme et ce tri coûte cher à la collectivité !

recyclage famille zéro déchet
« Les lutins et les fées du Pays des déchets », vus par Bloutouf pour la Famille Zéro Déchet. La réalité est un peu différente…

 

 

 

Raison n°6 : Le recyclage est un processus peu efficace  ⇒ OUI et NON

Selon le type de matériau, le recyclage est plus ou moins performant. Dans tous les cas, il est moins cher et polluant que la production à partir de matériaux bruts.

L’acier et le verre sont recyclables à près de 100 % et à l’infini. Une fois transformés, ils constituent environ la moitié de la matière première utilisée pour les nouveaux objets en acier et en verre. Autant d’économies de matériaux non renouvelables.

Pour le reste, c’est plus mitigé : le papier-carton se recycle entre 2 et 6 fois, le plastique 5 fois maximum, avec beaucoup de perte. Il faut rajouter une grande quantité de matière neuve pour retrouver du papier-carton et du plastique de qualité. Quand on achète du papier « recyclé », par exemple, il peut n’y avoir que 50 % de papier recyclé dedans (la limite basse légale).

Malgré tout, le processus reste plus efficace que la production brute : 2 tonnes de bois pour 1 tonne de papier contre 1,2 tonne de vieux papiers pour 1 tonne de papier recyclé, par exemple. Le tout en évitant de nouveaux polluants, une grande quantité d’eau et d’énergie utilisée, et l’impact carbone de l’incinération.

Le pire, c’est évidemment le plastique. Il est compliqué à recycler car de compositions très diverses. Ajoutez à ça le prix du pétrole qui baisse et qui rend le plastique recyclé moins attractif, et finalement celui-ci ne constitue que 5,3 % du nouveau plastique utilisé.

Alors, comme on parle de montagnes de déchets, n’y a-t-il pas des choses à faire pour améliorer la situation ?

 

Les vraies bonnes solutions

La redevance incitative

Côté gestion publique, plutôt que de taxer la gestion des ordures toujours plus cher, il est prouvé que la redevance incitative améliore nettement les performances de tri. Près de 5 millions d’habitants sont déjà concernés : mieux ils font le tri, moins ils paient. Il paraît qu’à la mise en œuvre du système il y a quelques incivilités (du genre balancer sa poubelle chez le voisin ou dans la nature), mais qu’elles disparaissent rapidement quand les gens se rendent compte qu’il y a de l’argent à économiser contre peu d’efforts.

Le « zéro déchet »

Nous l’avons vu, le recyclage est un incontournable de la gestion des déchets, même s’il est loin d’être parfait.

Mais attention ! Cette évidence justifie trop souvent la production et l’utilisation de matières jetables sous prétexte qu’elles sont recyclables. Alors qu’on pourrait tout à fait les remplacer par du durable.

 

« 99 % des ressources prélevées dans la nature deviennent des déchets en moins de 42 jours. » (Walter Stahel, directeur de l’Institut de la durée, 2006)

 

On pourrait donc croire que le recyclage est la meilleure solution. C’est faux. La meilleure solution, c’est de ne pas créer (ou acheter) de matériau voué à devenir rapidement un déchet.

C’est possible et pas si difficile, ça s’appelle le « zéro déchet ». C’est un idéal qui donne un cadre aux réflexions collectives (comme le travail que mène l’association Zero Waste France depuis 20 ans, à soutenir en adhérant !) et aux efforts individuels (voir l’excellent « Ze guide » de la Famille Zéro déchet).

→ L’objectif ? Imaginer de nouvelles façons de produire, de consommer, en réduisant au maximum les déchets « à la source », c’est-à-dire le plus tôt possible dans la chaîne de production ou d’achat.

→ Le mot d’ordre ? « Le déchet le plus propre est celui qu’on ne produit pas ».

→ Des exemples concrets ? La consigne de verre, qui évite un processus industriel de recyclage à grande échelle inutile ; le compostage des matières organiques (1/3 de notre poubelle qui part en fumée ou enfoui sans aucun réemploi) ; l’achat en vrac dans des contenants durables pour réduire les emballages…

→ Les premiers pas zéro déchet avec des produits spécialement choisis par Super Boby, c’est par ici !

 

Cet article sera mis à jour régulièrement… Et vous, est-ce que vous voyez d’autres « vraies bonnes solutions » ?

 

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