L’heure du bilan : calculer son empreinte écologique

Quelques temps après avoir décidé de me consacrer à l’écologie, j’ai pris conscience du caractère vertigineux de cette quête du « mieux consommer », du « mieux vivre ».

Il ne fallait pas seulement trouver de bons produits pour remplacer les mauvais, faire attention à sa consommation d’eau ou d’électricité. En réalité quasiment tous nos gestes, du matin au soir, sont suspects.

Allumer son smartphone (est-ce bien utile ?), se servir un bol de céréales (au fait, est-ce qu’elles contiennent de l’huile de palme ?), jeter son filtre à café à la poubelle (et si je m’achetais un composteur ? mais en ville, est-ce vraiment faisable ?), prendre une douche (mon dieu mais cette quantité de plastique dans la salle de bains !)… D’où vient ma brosse à dents, en quoi est-elle faite, est-elle recyclable ? Et le dentifrice ? Et toute l’eau qui part sous la douche ? Et je n’ai même pas encore ouvert mon armoire pour m’habiller…

Pour protéger ma santé mentale, il a fallu m’organiser. Par où commencer ? Je voulais définir des priorités, essayer d’identifier ce qui, dans ma façon de vivre, avait le pire impact sur la planète.

 

Pourquoi l’empreinte écologique ?

Pour démarrer, l’empreinte écologique est un bon outil. Elle représente le nombre d’hectares de terre et d’eau (« biologiquement productifs ») dont chacun a besoin par rapport selon son mode de vie. Comme le nombre d’hectares vivables est limité sur la planète, c’est facile de faire le calcul et de voir si on vit durablement ou pas : il suffit d’être en dessous de « 1 planète pour vivre » et on a gagné. Le postulat est évidemment que chaque être humain consomme autant que soi-même.

À l’heure actuelle, au niveau mondial, on sait que le compte n’y est pas puisque la « dette écologique » s’alourdit d’année en année : on consomme trop vite ce que la Terre peut produire (l’eau, les arbres, les stocks de poissons par exemple), on émet trop vite le CO2 que la Terre peut absorber, plus précisément de plus en plus vite depuis 40 ans.

Le « jour du dépassement » arrive chaque année plus tôt. En 2016 c’était le 8 août : nous avions déjà consommé tout ce que la Terre pouvait produire en un an. Bref, il nous faudrait aujourd’hui 1,6 planètes pour continuer à vivre ainsi, ne serait-ce que jusqu’à la fin du siècle. Et encore, heureusement que tout le monde ne vit pas comme les Français, sinon c’est plutôt 3 planètes minimum qu’il nous faudrait. Et nous ne sommes pas les pires.

Soyons clairs, c’est le mode de vie à l’occidentale (peu importe le pays) qui pose problème, avant la surpopulation. On pourrait vivre sur une planète surpeuplée avec des individus dont le mode de vie est respectueux de l’environnement ; par contre, pour continuer à vivre « open bar-style », ça fait longtemps qu’on est beaucoup trop nombreux !

Pour l’instant ça passe parce que la Terre a des réserves. Mais elles s’épuiseront, et elles s’épuisent déjà. Et après ? On parle d’énergies non-renouvelables, mais il y a aussi des ressources renouvelables qu’on rend non-renouvelables en les surexploitant !

 

Les principaux calculateurs d’empreinte écologique

Revenons donc au calcul de l’empreinte écologique, un bon moyen de faire le bilan avant de prendre des mesures adaptées. Il y a aussi des tests de bilan carbone personnel, qui ne calculent que l’impact en CO2. En cherchant un peu sur internet il en existe plusieurs même si, déception doublée de mystère, les principaux calculateurs ne sont plus accessibles aujourd’hui, ou inutilisables, comme ceux de l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et du WWF français (si quelqu’un a une info là-dessus je suis preneuse).

Le WWF suisse propose un calculateur rapide, 10 minutes pour faire le point, avec quelques questions spéciales Suisse mais rien de très gênant.

 

Plus fouillé, le Coach carbone rentre dans le détail, il faut compter jusqu’à une heure. Il propose ensuite des plans d’action précis et validés ensemble.

 

Quel que soit l’outil, les résultats peuvent surprendre. De mon côté, j’ai pris conscience de l’effet de l’avion sur mon bilan carbone… Ouch ! On va se calmer un peu de ce côté-là…

À partir de là, comme ces sites offrent de nombreuses pistes pour mieux faire, on peut choisir 5 actions ou plus, les noter et se lancer un challenge, par exemple :

1. Choisir une destination moins exotique pour les vacances ;

2. Tester des repas 100 % végétariens et manger de la viande rouge seulement les jours de fête (qu’on définira comme on veut !) ;

3. Optimiser l’empreinte écologique de son logement de 2 façons différentes : par exemple, s’équiper de multiprises à interrupteur / baisser le chauffage à 19 degrés l’hiver dans les pièces à vivre ;

4. Acheter d’occasion avant d’acheter neuf (un vêtement par exemple) ;

5. Supprimer un trajet en voiture habituel en regroupant deux activités dans le même trajet.

 

L’eau et l’épargne, des calculateurs dédiés

Tout aussi indispensables, il y a 2 autres outils très bien faits à tester pour compléter ce tableau.

Le site empreinteh2o.com permet de savoir où on se place du point de vue de sa consommation d’eau (15-20 minutes pour le faire bien, il est très complet) :

 

Enfin, l’argent qu’on place à la banque ne dort jamais : qu’il soit sous forme d’épargne ou d’actions, il sert toujours à investir, et selon les destinataires on peut soutenir sans le savoir des industries très polluantes.

Les conséquences écologiques de cet argent qui nous échappe sont lourdes. Pour un compte courant et une épargne sans prétention, on arrive vite 25 % de son impact carbone global ! Tout de suite, ça plombe encore plus un bilan déjà pas terrible… Le site epargneclimat.com permet de calculer l’empreinte de ses sous et de connaître les solutions pour mieux faire :

 

Avec l’eau et l’épargne, on peut rajouter au moins deux points à la liste précédente (7 en tout, c’est un bon chiffre pour commencer !).

Bref, à chacun d’identifier ses priorités. Pour finir, je conseille vivement un blog qui m’a bien aidée : Ça commence par moi. Il propose notamment un quizz complet pour voir où on en est et élargir son horizon puisqu’il ne parle pas que d’écologie. En même temps il ne s’agit jamais « que d’écologie » !

 

Pour en savoir plus sur la dette écologique et plus généralement l’état de la planète en 2016, voir le rapport Planète Vivante du WWF.

Crédit image : « Vol au-dessus d’un nid de coucou », de Miloš Forman.

 

 

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