Déchets sauvages : et si on s’y mettait tous ?

« Vous ramassez des champignons ? » nous lança naïvement un motard arrêté là pour demander son chemin. En effet, il devait y avoir pas mal de champignons sur les choses que nous ramassions.

Mais, armés de gants de jardinage et de sacs poubelles, dans la chaleur d’une fin de printemps caniculaire, quels champignons aurait-on bien pu trouver ?!! Pour ce monsieur, il était peut-être inconcevable que deux personnes puissent ramasser des ordures dans une forêt en bord de route…

Parler d’écologie, c’est très souvent parler de déchets. Sauf exception, les déchets des hommes et de leurs activités ne sont pas un bienfait pour la nature mais une pollution. Soit parce qu’ils ne sont pas au bon endroit (non compostés), soit parce qu’ils n’ont rien de naturel, qu’ils soient à l’état gazeux, liquide ou solide.

Passionnés par cette question des déchets (voir notre dossier), nous voulions profiter du Super Boby Tour pour nous rendre compte par nous mêmes du problème des déchets dits « sauvages » (du nom de ceux qui les jettent dans la nature ?)

 

1 heure dans la forêt + 2 personnes = 4 sacs poubelle remplis !

C’est en bord de route que nous avons trouvé notre bonheur d’éboueurs. Le lieu : le bois d’Opio, une petite forêt dans les Alpes maritimes. En passant en voiture, nous avions soupçonné que le bois était pris pour une poubelle par certaines personnes de passage…

 

bois d'opio

dechets sauvages

 

À deux, nous avons passé une heure sur une petite parcelle d’une centaine de mètres de long sur une vingtaine de large… Et la récolte la voici !

dechets sauvages

Une fois rentrés, nous avons voulu faire un petit inventaire des objets trouvés, ce qui nous permettrait de trier pour mieux jeter.

 

dechets sauvages

Ça, c’est l’ensemble de la récolte triée. Au milieu dans le sac noir, la poubelle à jeter, pleine (entre autres) de tout petits bouts de plastique en décomposition patiemment ramassés. Autour, il y a, de midi à minuit : le papier-carton, le verre, les emballages plastique, le métal, les textiles ou moquettes, et divers objets en plastique.

 

dechets sauvages

Les déchets les plus nombreux sont les emballages plastiques. Et notamment, d’innombrables sachets de barres chocolatées et de mouchoirs.

 

dechets sauvages

Vient ensuite le verre. Éparpillées sur la zone, une douzaine de demi-bouteilles de vin blanc identiques. Quelqu’un se fait plaisir dans cette forêt ! Mais toujours, avant de jeter la bouteille, il ou elle prend soin de la rebouchonner. Une délicate attention ;-).

 

dechets sauvages

Puis les objets divers, majoritairement en plastique. Notez le potentiel artistique de cette activité qui nous a tenus occupés une bonne partie de l’après-midi ! En bas à gauche, un peu de polystyrène, un fléau pour l’environnement.

 

dechets sauvages

Le métal. L’amateur ou amatrice de vin blanc serait aussi fan de sardines.

 

dechets sauvages

Quelques paquets de cigarettes, et trop peu de mégots ramassés. Au milieu de tous ces déchets nous avons pris seulement les mégots qui dépassaient des feuilles mortes… Il aurait fallu qu’on ne cherche que ça pour les récolter en quantité.

 

dechets sauvages

Et enfin les moquettes et textiles, trop dégoûtants pour les étaler par terre pour la photo, mais qui représentent un beau volume…

 

Ce qu’on retient de l’expérience

Débarrassons-nous tout de suite des aspects négatifs : il faisait trop chaud, nos gants n’étaient pas vraiment adaptés (surtout qu’on se partageait une paire et qu’on est tous les deux droitiers :-D), mais surtout c’est déprimant de passer derrière la bêtise/ paresse humaine.

Mais pour peu que la journée soit agréable et les gants seyants, on peut en tirer une profonde satisfaction. Comme le pressentait le motard du début, c’est un peu comme ramasser des champignons, à cela près que l’objet recherché est plus visible. Et puis, à chaque déchet ramassé on est en droit de se dire qu’on libère la forêt d’une chose qui l’étouffe (même partiellement), et qu’on sauve peut-être un oiseau, un poisson ou une tortue !

En plus cette activité est compatible avec les enfants. Emmenez-les en balade, armés de gants et de sacs poubelle (avec de bonnes consignes de sécurité bien sûr). Échangez-leur 1 petit sac poubelle contre 1 heure de dessins animés ou autre monnaie d’échange. C’est tout bénef : vous passez un bon moment en famille, ils s’amusent tout seuls (c’est la chasse aux œufs tous les week-ends !) et ils apprennent à prendre soin de la nature !

 

Des « nettoyeurs » à suivre…

La vérité c’est qu’aujourd’hui, on n’a pas encore trouvé mieux que les initiatives individuelles pour nettoyer les déchets sauvages. Quelques exemples :

Initiatives océanes, un programme de Surfrider Foundation Europe, pour des collectes de déchets sur les côtes et dans les lacs et rivières. On y sera pour un nettoyage de la calanque de Cassis le 28 juin !

1 déchet par jour / 1 piece of rubbish, initiative d’un Anglais à Marseille. Son projet fou : instaurer un nouveau geste, celui de ramasser un déchet, chaque jour. « Devant chez toi, au boulot, en terrasse, devant l’école, dans la nature, où tu veux… »

Et le monde sera meilleur. Il y a plein d’événements sur leur Facebook, y compris en dehors de Marseille, et le fondateur entame un tour de France en stop cet été 2017 !

un dechet par jour

 

Un voyage pour la planète : un « éboutripeur » qui a fait le tour de l’Europe du ramassage de déchets sauvages. Il en est revenu en mai dernier à la fois déprimé et motivé pour organiser la rébellion… à suivre aussi sur son Facebook.

– Version locale et aquatique, Le Grand Saphir est l’initiative individuelle d’un nageur qui a ramassé tous les déchets peu profonds entre Marseille et Toulon début juin 2017. On peut toujours l’aider à se financer ici.

– Et enfin signalons cette femme extraordinaire qui, au chômage, passe son temps à nettoyer les cours d’eau autour de chez elle.

Bref, le phénomène prend de l’ampleur. Soyez hype et rejoignez-le !

 

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